Le bungalow en voie de disparition

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Non seulement on construit 24 % moins de bungalows qu’avant, mais le prix de ceux sur le marché explose au level où certains prédisent carrément la fin de la banlieue telle qu’on la connaît.
«C’est le déclin de la maison unifamiliale. Les jeunes ne seront probablement plus capables d’accéder à la maison familiale, même en banlieue», estime Paul Cardinal, directeur du service économique de l’Affiliation des professionnels de la development et de l’habitation du Québec (APCHQ).

Photograph d’archives

Paul Cardinal.
Dirigeant de
l’APCHQ

«Lorsque l’on parle de déclin de la maison détachée, c’est au chapitre de la development neuve. On en construira de moins en moins», ajoute-t-il.
En avril on a coulé les fondations de 719 maisons individuelles, c’est une baisse de 24 % qui s’est fait sentir en septembre et qui dure depuis huit mois.
«Toutefois, pour les prix sur le marché de la revente, ce sera le contraire. La rareté grandissante des maisons unifamiliales continuera d’en faire augmenter le prix à bon rythme», souligne Paul Cardinal, de l’APCHQ.
«Toutes les grandes villes maintenant veulent freiner l’unifamiliale au revenue de logements collectifs», observe-t-il.
Pour Charles Brant, directeur du Service de l’analyse de marché, à l’Affiliation professionnelle des courtiers immobiliers du Québec (APCIQ), le phénomène s’est accentué avec la pandémie.
Marché de vendeurs
Du jour au lendemain, les Québécois ont eu envie d’avoir de l’espace pour souffler et les vendeurs qui avaient déjà le gros bout du bâton se sont retrouvés avec des offres toujours plus alléchantes sur la desk.
«Il y a beaucoup d’acheteurs pour peu de vendeurs dans ce créneau-là, notamment en banlieue», analyse Charles Brant.
«L’écart de prix entre une maison unifamiliale à Montréal et en banlieue se rétrécit. Les hausses de prix sont phénoménales. Sur la Rive-Nord, on a vu une hausse de 21 % par rapport à l’an dernier, alors qu’à Montréal, ça a été de seulement 6 %», illustre-t-il.
En raison du manque de terrains et des zonages restrictifs, des entrepreneurs sont obligés de bâtir des résidences sur des espaces de plus en plus petits, observe Guillaume Labrie, président de Building Labrie.
«Quand ils le peuvent, ils font des jumelés même sur des terrains extrêmement petits. Les villes acceptent presque n’importe quoi pour avoir le plus de taxes potential», souligne-t-il.
«On voit parfois des habitations qui sont construites à moins d’un mètre l’une de l’autre. Ça n’a pas de bon sens», conclut-il.  

Au premier trimestre de l’année, le prix médian de l’unifamiliale a bondi de 22 % à 415 444 $ au Québec, selon l’APCIQ.    

Il était prêt à baisser son prix pour une famille  

Photograph Francis Halin

Dany Fillion, 44 ans, a vendu sa maison unifamiliale de Saint-Basile-le-Grand après avoir eu un coup de cœur pour une autre résidence plus grande dans la même ville.

Un résident de Saint-Basile-le-Grand qui vient de vendre la maison dans laquelle il a élevé ses trois enfants était prêt à baisser son prix de vente de 15 000 $ pour donner la probability à une jeune famille de l’acheter. 
«Ça m’a brisé le cœur de voir des dames enceintes ou de jeunes familles, un peu désespérées parce qu’elles aimeraient s’établir en banlieue. On était prêts à faire des compromis avec le prix de vente», confie Dany Fillion, 44 ans.
«On l’a payée un peu plus de 200 000 {dollars}. On vient de la vendre près de 600 000 {dollars} dix ans plus tard», souligne l’homme, qui type du tourbillon des visites.
Il y a deux semaines, l’analyste en brevet du comté de La Vallée-du-Richelieu a vendu sa maison pour s’acheter une autre plus spacieuse.
«Tous les ans, on a rénové la maison. On avait toujours un projet de rénovation», explique le professionnel qui a bâti patiemment son patrimoine.
Éthique discutable
Plongé tête première dans le marché immobilier en folie, Dany Fillion affirme que certains brokers croisés sur son chemin avaient l’éthique discutable.
«J’aurais tendance à dire que parfois l’honnêteté n’est pas une valeur uniformément répandue chez les brokers», laisse-t-il tomber.
Heureusement pour lui et sa femme, c’est finalement un jeune couple avec un enfant qui s’est porté acquéreur de sa résidence remplie de souvenirs. 
«On vend cher, mais on achète cher. Je dirais aux jeunes acheteurs de trouver quelque selected peut-être moins au goût du jour et de la rénover tranquillement», explique Dany Fillion.
«L’avantage avec la jeune génération, c’est qu’il y a plein de vidéos YouTube. Tu peux aller chercher facilement un sure savoir-faire, ce qui n’était pas le cas dans les années 1990», conclut-il. 

Moins de maisons unifamiliales construites dans la plupart des grandes villes du Québec 

Une évolution vers la domination des «plexs»  
Des bungalows québécois du siècle dernier sont rasés au revenue d’habitations multirésidentielles qui logent plus de familles qu’avant sur ces grands terrains vendus à prix d’or.

Photograph Francis Halin

Des bungalows comme celui-ci sur la Rive-Sud de Montréal, sont démolis pour faire place à des plexs.
Ils occupent beaucoup moins d’espace au sol, ce qui fait que leur development densifie le secteur.

«C’est la tendance. On remplace les maisons avec des terrains de 10 000 pieds carrés pour les maximiser parce que les infrastructures sont présentes et que l’on est à proximité des companies», explique David Brassard, président de Groupe BBC, qui a son siège social à Mont-Saint-Hilaire, en Montérégie.
«C’est dans l’intérêt commun de densifier ces petits centres urbains et d’amener une clientèle plus nombreuse pour les commerces de proximité», dit-il. 
Au Journal, le patron de la PME d’une quarantaine d’employés, dont le chiffre d’affaires dépasse les 20 M$, est catégorique : il y a de moins en moins de projets qui vendent le rêve du fameux bungalow.
«C’est parfois plus complexe à construire lorsque c’est plus dense. L’unifamiliale isolée était quand même la plus easy à construire, mais on s’adapte à la demande», poursuit l’entrepreneur en development.
Pe la résistance
D’après David Brassard, le dézonage agricole dans la grande région de Montréal et les cibles de densification imposées ont un impression sur le sort de development choisie, mais il y a beaucoup de résistance au changement.
Ces derniers mois, la rareté des terrains a fait exploser les prix. Les secteurs résidentiels se sont densifiés avec des jumelés, des maisons de ville, des maisons en rangées et des plexs plutôt que des bungalows.
«Il y a souvent le phénomène du “pas dans ma cour. La densité, oui, mais pas chez nous”. On fait face à cela souvent», souligne M. Brassard.
«Ça va dans le sens du développement sturdy, même si ce n’est pas toujours perçu comme ça», ajoute-t-il.
Selon David Brassard, ce que l’on appelle les aires TOD, soit de développement immobilier autour d’une station de transport en commun, sont très valorisés, mais se heurtent souvent aux oppositions de citoyens.
«Les conseils municipaux sont très frileux, très populistes. Ils sont très à l’écoute du citoyen mécontent», soutient-il.
Résultat, les quartiers d’unifamiliales se déplacent en dehors de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) et gruge le paysage autrefois boudé.
Mont-Saint-Hilaire, Granby, Marieville… des villes se développent à vitesse grand V, dynamisées par l’arrivée de télétravailleurs, qui ont pris d’assaut ces communautés souvent plus éloignées des grands centres urbains.
«Ça ressurgit ailleurs», conclut-il.  

Plus de 634 nouvelles habitations ont vu le jour dans les plus petits centres urbains le mois dernier, en hausse de 8 %, selon l’Affiliation des professionnels de la development et de l’habitation du Québec.  

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