Kuujjuaq : une ville chauffée grâce à la chaleur souterraine

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On pourrait chauffer toute la ville de Kuujjuaq grâce à la chaleur souterraine au lieu d’énergies fossiles polluantes comme le mazout ou le diésel, estiment des géologues.
Au fond d’un puits de trois à quatre kilomètres sous terre, il fait assez chaud pour faire bouillir de l’eau. En la remontant à la floor, on pourrait alimenter une centrale qui produirait assez d’électricité pour les besoins des 440 maisons de la ville de Kuujjuaq.
« La communauté mettrait fin à sa dépendance aux énergies fossiles comme le mazout et le diésel », mentionne Mafalda Miranda, une étudiante au postdoctorat qui s’est rendue à trois reprises dans la capitale du Nunavik au cours des dernières années afin d’affiner ses analyses.
Techniquement doable

Mafalda Miranda, chercheuse, INRS

Ce qui peut apparaître invraisemblable dans une ville reconnue pour ses froids polaires est une éventualité method parfaitement envisageable, estime son directeur de recherche, le géologue Jasmin Raymond, qui tient le plus gros laboratoire de géothermie au Québec, à l’Institut nationwide de la recherche scientifique (INRS). 
« Ce que mon étudiante a démontré, c’est que cette approche serait rentable dans un horizon de 30 ans environ », précise-t-il en marge de la conférence de Mme Miranda, donnée aujourd’hui dans le cadre du congrès de l’ACFAS.
Nouvelle énergie 
Sans précédent au Canada pour produire de l’électricité, la géothermie gagne en popularité comme supply d’énergie renouvelable et non polluante. Elle consiste à utiliser la chaleur du sol comme énergie. 
Deux centrales géothermiques sont en development dans l’Ouest canadien, en Saskatchewan et en Alberta. Dans le premier cas, ce sont 140 mégawatts qui seront produits d’ici 2024, assez d’électricité pour alimenter un village de 2200 maisons. 
En Alberta, ce sont 6800 foyers qui pourront compter sur la géothermie. 
Dans les deux cas, on a creusé jusqu’à 3,5 kilomètres de profondeur pour installer des pipelines verticaux. Remontée à la floor, la chaleur des profondeurs de la terre pourra alimenter des generators qui produisent de l’électricité. On peut aussi utiliser l’eau chaude résiduelle pour chauffer les maisons l’hiver. La géothermie ne produit aucune émission de gaz à effet de serre et peut être utilisée pour la climatisation l’été. 
D’autres projets
Si on est encore loin de lancer le forage dans l’Ungava – les coûts des centrales de l’ouest sont très élevés –, des projets moins ambitieux de géothermie vont bon prepare. 
Un système de réchauffement de l’eau de la piscine communautaire est en cours et devrait voir le jour dès l’été 2022. « Cette technologie devrait diminuer la facture énergétique de 50 % », déclare Mme Miranda.  
3 sorts de géothermie 
1. Faible profondeur (30-400 m)

La température du sol à cette profondeur est secure toute l’année : environ -1 °C à Kuujjuaq. En floor, la température moyenne est de -6°.

2. Géothermie profonde (400-4000 m)

Une pompe permet de récupérer la chaleur du sol qui varie de 40° à 100°) et de la remonter à la floor.

3. Géothermie de grande profondeur (4000-6000 m)

La température ici dépasse le level d’ébullition.

Pour Jasmin Raymond, de l’INRS, la géothermie devrait être un objectif pour toutes les régions nordiques en raison des intérêts qu’elle recèle. Avec son équipe, il est le premier à s’être intéressé à la géothermie comme answer pour les villes du Nunavik. « Les géologues sont en général spécialisés dans la prospection de minéraux comme l’or, l’argent ou le cuivre. Moi, la ressource naturelle qui m’intéresse, c’est la chaleur du sous-sol. » 

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